Dodécathlon 20.12

Après 20 ans, maintenant 12 mois, pour 12 défis un peu fous...

lundi 30 janvier 2012

274 tours de "crampe" en masse !

Moi et Lisanne Gaboury,
 vainqueurs du premier Marathon
 Intérieur Kronobar de Montréal.
Photo: Steve Moisan

 
J'ai réussi le premier défi du dodécathlon en terminant le marathon intérieur Kronobar de Montréal.  Je l'ai même gagné, détenant pour l'instant le record de parcours et l'insigne honneur du plus rapide participant de la première édition.  Il y a pire façon de commencer, n'est-ce pas ?  Mais ma satisfaction est réduite en raison de mon chrono très lent, selon des standards personnels évidemment.  Je rappelle que le seuil minimal que je m'étais fixé, pour satisfaire à l'objectif du premier défi, était de 3h20.  J'ai finalement fait 3h19min20sec...il en aura donc fallu de peu pour que j'échoue.  Ouf ! 

Il y a tout de même du positif, même plusieurs éléments encourageants à retenir de la première étape.  Tout d'abord, ma stratégie "hydratation-glucides" a fonctionné, comme quoi j'en suis venu, avec les années, à régler cet aspect délicat pour ce petit estomac personnel qui l'est tout autant !  Ma recette sera, jusqu'à nouvel ordre, trois ou quatre onces d'eau aux 4km (aux 15-18 minutes) pour un gel aux 8 km (aux 30-36 minutes), pour un total de 12 à 16 onces d'eau par heure pour 60 grammes de glucides, et ce, en évitant la caféine (dans les gels) sauf à la fin de chacune des deux premières heures.  Malgré cela, j'ai encore fini en hypoglycémie et vascillant de faiblesse dans les heures suivant la course, mais cela me parut moins pire qu'à l'accoutumé.  Pour l'instant, je vais accepter de traverser les marathons ainsi.

Aussi, il est très positif que ma bandelette illio-tibiale gauche ait tenu le coup, de même que ma cheville droite ou mon bassin (dos).  Au fond, il est appréciable que le corps en entier n'ait de nulle part crié suffisamment pour m'arrêter.  L'une ou l'autre des trois précédentes zones de faiblesses actuelles  -pour ne pas qualifier les douleurs de blessures- ont accepté l'effort du marathon sans même se faire entendre.  Le lendemain, j'ai pu jogger 8 km (...en 55 minutes !) sans qu'elles ne reviennent me hanter.  C'est donc dire que ces tracas physiques d'entraînement, ou les autres qui ne manqueront pas de les remplacer ou de s'ajouter, ne seront pas, pour l'instant, des limitations à la poursuite du dodécathlon. 

Il y a aussi de positif que l'organisation ait fourni une compétition de premier plan, sans quoi le premier défi n'aurait pu être ce qu'il a été.   Je n'aurais pas réussi à organiser, pour une soixantaine de coureurs de niveau variable, un pareil événement.  Disons-le, Steve Moisan, le grand manitou de la compétition, a fait un sapristi de bon boulot !  Je garde pour moi quelques commentaires quant à des améliorations possibles, mais, de façon globale, je puis reconnaître la qualité de l'événement qui a été offert aux participants.  Je lève même mon chapeau à Quidchrono, l'entreprise québécoise de chronomètrage, qui a fait un bon travail.  J'ai déjà vu cette compagnie rater partiellement son coup.  Par le passé, à plusieurs occasions, des coureurs m'ont rapporté des irritants divers.  Le chronométrage a été bon en fin de semaine.  Avec deux puces par souliers, plusieurs tapis de captation du signal et des vérifications manuelles en cours de route, personne n'a fait un tour de plus ou de moins, ce qui aurait pu être une catastrophe compte-tenu du nombre de tours (274), mais qui a été un succès.   

Initialement, avant d'être mis au courant du marathon intérieur de Montréal, je prévoyais, comme par hasard, en faire un en solo au mois de janvier, quelque part au Québec, sur une piste de 200m, avec un ami dévoué pour compter mes tours.  Mon chrono aurait certes été meilleur, mais cela n'aurait d'aucune façon été aussi significatif que de joindre un événement pré-existant, avec d'autres coureurs, dans un cadre partagé, public, structuré et où mon résultat peut en bout de ligne figurer dans un quelconque classement officiel.  A choisir, je ne ferai pas les défis en solitaire.  On peut d'ailleurs souligner que les coureurs, à ce que j'ai vu de ceux du samedi avec lesquels j'ai couru, n'ont manqué ni de civisme (lors des dépassements) ni de solidarité ni de bonne humeur.  L'ambiance, malgré la difficulté, était bonne. 

Il reste donc mon chrono de 3h19, un temps non seulement en-deça de mes attentes, mais pourrait-on aussi dire de mes capacités élémentaires.  En guise de comparaison, j'ai fais un entraînement de 45 km, en mai dernier, en 3h25, passant au marathon en 3h13.  Puis, durant le temps des fêtes de cette année, même semi-malade, à jeûn, et sur un parcours contenant 4000m de côtes, j'ai fait une longue sortie de 42 km en 3h45 sans forcer.  Il n'y a aucune raison de penser que je ne puis aisément maintenir 4:30/km durant 3h00.  Je maintenais facilement une telle vitesse, durant 26 km, en entraînement, en tournant sur la piste de 166m de l'UQTR trois semaines avant la course...  Et j'ai quand même un record au marathon sous 2h50 et j'ai fait mes trois derniers demis sous 1h19.  Alors pourquoi 3h19 au marathon samedi dernier ?  Pour plusieurs raisons...

Ryan Hall, le coureur américain dont je fais présentement la lecture, ne manquerait pas de me dire que c'est Dieu qui rappelle de ne pas attendre de Lui ce qu'il veut pour moi et d'avec confiance me remettre à sa volonté !  J'ai cependant besoin de comprendre ma course de façon plus plus rationelle.  Premièrement, et avant tout, j'ai eu des crampes aux mollets à partir du 25e kilomètre et de plus en plus fréquemment dans les 10 derniers, me forçant d'ailleurs à arrêter une dizaine de secondes sous le spasme de contractures violentes vers le 40e kilomètre.  Pourquoi ?  Depuis que l'idée, encore répendue, disant que les crampes proviennent d'une diminution exagérée du taux de sodium sanguin a été battue en brèche, il faut admettre que c'est d'une erreur d'allure d'où originent mes crampes.  A posteriori, je conclus que j'ai couru trop vite au début.  Je suivais pourtant mon plan de match de 37-39 secondes du tour, ciblant ainsi un chrono final entre 2h48 et 3h00.  Or, dès le 5e km, je commençais à prendre une allure stable avoisinant les 4:15/km.  Je ralentissais donc déjà.  Compte-tenu de la piste (un carré de 154m) et de la température ambiante (au-dessus de 20 degrés), il aurait mieux valu lancer la course à un rythme de 4:15/km, voire même de 4:20/km.  J'aurais ainsi retardé le moment où les crampes sont apparues et m'ont drastiquement ralenti.  Je suis passé à mi-chemin, au demi-marathon, en 1h33.  Je filais alors vers un chrono de 3h06 et je me sentais relativement bien (comprendre que je savais que ça n'allais pas du tout!). J'ai donc perdu 13 minutes de plus entre la mi-parcours et la ligne d'arrivée.  Sur ces 13 minutes, j'en accorde 10 au problème de crampes.  Je n'ai jamais crampé comme ça, et là je ne veux évidemment pas dire que j'étais mort de rire !  Il va falleoir que j'enquête sur les crampes musculaires et que j'avise en conséquence, car c'est le 3e marathon où j'y goûte.

La piste de l'UQAM
Photo: Steve Moisan

Si les crampes ont surgi, j'émettrai l'hypothèse que c'est en raison de la piste qui forçait le ralentissement avant chacune des courbes ou devant les murs de bétons bordant la piste, pour ensuite ré-accélérer à leur sortie.  Ici aussi, pourrait-on dire, il fallait, au sens québécois du terme, cramper en masse ! Ces changements de rythme, même subtils, même à basse vitesse, sont peut-être musculairement énergivores et taxants.  Il n'est de toute évidence pas possible d'interpréter les résultats des participants du marathon intérieur Kronobar en spéculant sur ce que l'on ferait sur n'importe quelle autre piste intérieure que celle de l'UQAM.  Ce n'est pas un ovale, mais un carré aux coins arrondis.  La différence est énorme.  Je crois que tous les concurrents ont été touchés par cela.  L'idée que je tente de soutenir, ici, est que les résultats, qu'il s'agisse du mien ou de ceux des autres concurrents, ne peuvent faire l'objet de comparaison, même avec d'autres marathons intérieurs, en raison de la nature de la piste.  Si je n'avais pas couru le marathon intérieur de Montréal et que j'étais allé, au lendemain de la course, consulter les résultats, j'avoue que j'aurais peut-être pensé les choses suivantes: 1) Les résultats sont lents parce qu'il s'agit d'un événement pour coureurs désireux de donner une valeur à leur pratique sportive ou de hausser leur gloire ou estime en compensant leur faible vitesse par des défis marginaux que peu de coureurs sérieux envisagent.  2) Que les participants n'étaient pas préparés adéquatement pour un marathon en janvier, par surcroît sur une surface différente de celle d'entraînement à cette période hivernale.  S'il y a un peu de vrai dans ces deux idées, la vérité est fondamentalement toute autre.  Tout d'abord, les deux tiers des coureurs ont, dans un passé récent, fait un marathon sous 4h00 et plusieurs sous 3h30. Ce n'est pas Patrick Makau, mais c'est de 20 à 50 minutes plus rapide que le chrono moyen que l'on retrouve pour la plupart participants de marathons depuis quelques années.  Ensuite, les participants n'étaient pas des débutants.  Au contraire.  La plupart avaient déjà quelques marathons derrière eux et, pour certains, quelques dizaines.  Autrement dit, le curriculum de course des participants commande un respect plus que de principe.  Or presque tous ont été affectés par le difficile contexte de réalisation du marathon.   

En raison de la géométrie de la piste, il fallait faire un jeu d'entrée et de sortie dans le premier et second corridor.  On peut prudemment supposer que nous perdions 1m à chaque changement de corridor ou en demeurant à l'extérieur (comme j'ai dû le faire durant les trois quarts de la course).  Sur 274 tours, avec quatre virages par tour, cela totalise au moins 1 km de surplus et même un peu plus plus pour presque tous les participants.  Pour mieux comprendre mon chrono de 3h19, je retranche donc un 5 minutes en raison du 43km que nous avons assurément couru.  C'est ce que certains participants, munis de "footpod" ont d'ailleurs enregistré.  Jamais, dans un marathon sur route, un participant ne négocie le parcours de la façon idéale (tangentes, courbes, etc.), mais je suis assez soucieux de ce genre de préoccupations pour affirmer sans crainte que j'ai été pénalisé (comme les autres) davantage que sur la route, et ce, de beaucoup.
Il faut aussi dire qu'il faisait chaud.  Pour un marathon, une température dans les 20 degrés celcius est considérée élevée, particulièrement pour des athlètes habitués à s'entraîner à l'extérieur, en hiver, au Québec...  Il y avait la chaleur, mais aussi la qualité de l'air (nous étions au deuxième sous-sol) que je n'ai pas senti, mais qui a pu être un facteur pénalisant.  Tout bien considéré, et de façon conservatrice, je retranche un autre 3 minutes à mon chrono final pour ces deux raisons.

Enfin, pour bien décortiquer mon chrono de 3h19, il reste à enlever le temps de faire un virage à 180 degrés autour d'un cône toutes les 30 minutes lors des changements de direction; à retrancher le bref arrêt de 10 secondes pour soulager une crampe; et l'autre de la même durée pour tenter de voir combien il me restait de tours à compléter.  Cela représente environ 1 minute. 

Donc, au total, en additionnant les crampes (10min), la distance excédentaire (5min), l'air et la chaleur (3min) et les arrêts malheureux ou inévitables  (1min), j'en arrive à comprendre que j'aurais pu, dans d'autres conditions, obtenir un résultat final de 3h00.  Cela ne m'aurait encore pas pleinement satisfait, mais au-moins me serais-je dit que c'était plus rapide que mes vitesses d'entraînement pour de longues sorties.  A refaire, mais si et seulement sur une piste de 200m, j'attaquerais la distance à un rythme de 4:05/km sans peur et sans crainte. 

Je ne suis pas le seul concurrent à avoir ressenti les effets du surcroît de difficultés ou de contraintes que représente un marathon intérieur sur la piste de l'UQAM.  Le jeudi précédent la course, je m'étais amusé à compiler les résultats récents sur la distance de marathon de tous les coureurs inscrits à l'événement.  Le lendemain de ce dernier, je comparais ces résultats anticipés avec le chonro réel réalisé.  C'est, en moyenne, 21 minutes qu'ont perdu les participants.  Je ne suis donc pas très différent des autres.  Les plus heureux ont fait 7 minutes de mieux que la prédiction, mais à l'exception de deux coureurs, tous ont fait plus lent que ce qu'on pouvait anticiper d'eux (à partir de mes sources).  C'est donc dire que la piste "nous a rentré" dans le corps.  Quoiqu'il en soit, je me réconforte en me disant qu'il n'y avait aucune chance, sauf pour un quasi débutant, de faire un record personnel au marathon intérieur Kronobar de Montréal.

L'expérience en fut une, c'est le moins qu'on puisse dire.  Préférant me rappeler à Kilian Jornet, l'ultratrailer catalan dont j'ai lu le livre dernièrement, j'ai quelque part trouvé la force d'avancer malgré la douleur physique et ralier le fil d'arrivée, ce qui était l'objectif réel à gagner.  Ce ne fut cependant pas aussi intérieur que je ne l'aurais cru en ce sens que je n'ai pas eu à plonger ou à me réfugier aux tréfonds de moi-même pour mettre un pied devant l'autre.  J'étais à l'intérieur au sens de "pas dehors" et au sens de "creux dans un bâtiment", mais pas à celui "d'au-dedans du noyau de solitude où l'on se retrouve face à soi".  Je me suis senti au milieu d'un groupe tout au long des 3h19.  D'autres concurrents ont peut-être vécu la chose différemment, mais mon expérience personnelle en fut une de relative grégarité, au final ni plus ni moins que dans d'autres compétitions.  Il faut dire qu'avec le temps, la distance du marathon ne me paraît plus aussi longue qu'auparavant.  Comme un coureur qui arpente le même chemin quotidiennement en entraînement, j'en suis venu à avoir sur la distance du marathon des points de repère temporels qui raccourcissent chaque unité de temps et abrègent d'autant l'impression subjective de la durée.     

Maintenant, selon la vitesse de ma récupération du premier défi, que je vais tenter d'aider au maximum dans les prochains jours, je vais commencer à envisager le prochain défi...soit un autre marathon -sur tapis roulant- dans trois semaines !  J'avoue que j'ai déjà le goût, même hâte d'y être.  Pour l'instant, je n'exclus pas de lancer la prochaine course au même rythme que lors du premier défi (4:00/km).  Dans les prochaines semaines, je devrai aussi m'exercer un peu à la marche olympique et aux départs avec des blocs, question de simultanément, à celui de février, préparer mon défi du mois de mars qui, lui, est prévu pour dans 5 semaines !  Oh là là, on ne s'ennuiera pas cette année !  Pas de temps à perdre.

Vous trouverez les résultats complets du Marathon Intérieur de Montréal sur le site: http://www.quidchrono.com/ et des photos officielles des participants et de l'événements sur:  http://www.h-photo.ca/event/16124/    







dimanche 22 janvier 2012

Je vais virer "en masse" la semaine prochaine...

Il reste maintenant cinq jours avant le lancement réel du dodécathlon 20.12.  Dans une semaine, j'aurai un des douze défis dernière moi.  A la veille du lancement, je ne suis pas dans ma meilleure forme, mais je ne suis pas non plus "nulle part" en matière de préparation... 

Au lieu d'ajouter encore une longue sortie (marathoniens débutants: résistez au désir d'en faire une de trop...), j'ai profité des 12 derniers jours, comme je me le promettais dans mon dernier message, pour mieux évaluer l'objectif que je pouvais raisonnablement viser lors du marathon intérieur Kronobar du 28 janvier.  Quatre séances d'entraînement m'ont, depuis, amené à courir près de mon allure possible pour les 42,2 km.  Deux d'entre elles (10 x 1000m en 3:58 avec 1 min de récupération) m'ont donné confiance en ma capacité de courir à 15 km/h avec aisance.  Deux autres (18 km en accélarations progressives prédéterminées), m'ont donné bon espoir que je pouvais tenir cette même vitesse sur plus de la moitié de la distance. Comme ces entraînements ont été faits sur la neige, la glace et à travers le froid intense, le vent violent et des pelures infinies de vêtements, je me dis que je peux tenir 4:00/km durant un marathon avec l'adrénaline de la compétition, une foulée non entravée et l'aide de conditions climatiques optimales.  Mais par principe autant que par sagesse devant les 10 dernièrs kilomètres de l'épreuve de marathon, je vais laisser une marge d'erreur et conclure que je peux au moins "rouler" en 4:05/km samedi prochain.  Cela m'enligne donc vers un objectif de 2h54, mais en sachant que je peux risquer jusqu'à 2h48 si le feeling physique ou mental est bon. 3h00 devient alors une possibilité évidente que je devrais considérer comme un seuil minimal de réussite à moins que...

...à moins que les installations de l'UQAM où aura lieu la course ou que le nombre élevé de participants plus lents forment à eux seuls des limites plus grandes que ma condition physique.  C'est qu'en parlant avec un des participants de la fin de semaine prochaine (Alexandre E.), qui a eu l'occasion d'expérimenter la piste de 154m de forme carrée, j'ai pu comprendre de son analyse des lieux qu'il serait impossible de virer rapidement dans les coins de la piste au travers de coureurs à un autre rythme.  Puis, même en ayant la voie libre, il semble peu possible de prendre les virages plus rapidement que 4:10/km, et ce, en attaquant les courbes en partant du couloir extérieur (le deuxième) pour rentrer énergiquement à l'intérieur (couloir 1) à la sortie de la courbe.   Bref, si je voulais courir 15km/h dans les lignes droites et que mon informateur a raison, alors cela signifie ralentir dans les virages au moins 550 fois durant le marathon.  Considérant, en plus du ralentissement pour négocier la courbe ou attendre l'ouverture pour ré-accélérer entre d'autres participants, la distance que courir dans le deuxième corridor peut ajouter au final (jusqu'à 3 km), il m'apparaît de plus en plus plausible que la performance maximale possible soit au-dessus de 3h10 ou de 3h15, et ce, indépendamment de la forme physique ou des capacités athlétiques d'un participant.  

Le premier défi de mon année particulière s'annonce donc, peut-être, comme l'occasion d'apprécier un contexte particulier de course, en jouant avec la situation, en s'amusant de l'étrangeté du rythme, et en trouvant du plaisir dans l'ambiance que j'anticipe agréable et joviale avec les autres participants.  Ainsi vu, ce n'est pas une mauvaise façon de commencer une année où les difficultés et les efforts, parfois réalisés dans une solitude exigeante, seront nécessairement au rendez-vous.  Un départ dans la bonne humeur et les attentes réduites revêt un certain sens, n'est-ce pas ?  Si j'envisage de tirer le maximum de moi-même samedi prochain, et si les petits détails ont presque tous été vérifiés à maintes reprises, il demeure que je devrai accueillir avec légèreté le résultat du premier défi de mon année.  Dans tous les cas, ça commence samedi et ça n'arrête plus après.  A moins que...

A moins que je ne me blesse, évidemment.  D'ailleurs, il y a au moins un parieur qui a promis 20$ dans "le pot" pour la Fondation Terry Fox si je dépasse le mois de juin, ce dont il doute...  Eh là !  Faut pas me sous-estimer !  Vous donnez combien, vous, si je dépasse le mois de juin ? 

 

mercredi 11 janvier 2012

Le premier défi prend "forme"...

Il reste désormais 17 jours avant la première foulée du premier défi de l'année. J'ai déjà été plus prêt à l'approche d'un marathon, mais aussi moins prêt alors qu'à mes premiers marathons je ne réalisais guère l'ampleur de la préparation requise pour performer de façon optimale sur 42.2km. Pourtant, la préparation n'a pas été si mal non plus jusqu'ici.

J'ai encaissé quelques longues sorties, dont une de 42 km en 3h45 un mois avant le marathon intérieur Kronobar de Montréal. J'ai fait plusieurs semaines au-dessus de 100 km, dont quelques unes de 130 km et plus. Mais tout cela est rien en comparaison de ma préparation du printemps dernier pour le marathon d'Ottawa (que je n'ai jamais, finalement, pu faire). Puis, trois semaines avant le jour prévu pour la course, j'ai fait un test où je devais, en théorie, courir à l'allure du marathon. Malheureusement, la neige, la glace, le vent et le froid ont potentiellement limité la vitesse dans cette séance qui devait me servir de barême final pour évaluer ma capacité au marathon... J'ai fait 30 km en 2h15. Sur le même parcours, mais sans neige, je faisais 32 km en la même durée le printemps dernier alors que j'en concluais avec certitude à la possibilité de réaliser 2h39. Je ne sais donc pas très bien si je dois me lancer vers un 2h45, 2h50, 2h55, 3h00, 3h05 ou 3h10 ?

Il faut dire que, durant le temps des fêtes, en plus d'être malade ou de manger des repas copieux, j'ai écouté ce qui est assurément l'un des meilleurs documentaires de course à pied que j'ai pu voir jusqu'à présent (et comme je suis un livrovore et télévore de course à pied, disons que j'en ai traversé pas mal). Le film, "Running to the limits", raconte principalement la quête du réalisateur britannique Alex Vero dans sa tentative de passer de "gros-qui-fait-rien-sportif-jamais" à athlète vivant et cherchant à performer comme un coureur de haut niveau. Il y a beaucoup dans ce film, notamment, à mes yeux, la démonstration nette que le talent n'est qu'une partie dans l'équation menant à la réussite, mais aussi que la "drive" requise pour maximiser son plein potentiel est plus rare que les aptitudes physiologiques favorables. Il y a aussi, à un moment précis, un ancien champion marathonien qui donne le conseil de se présenter devant 42 km comme on se présente à l'usine (je paraphrase en mes mots son idée). Il faut respecter la distance et, si l'objectif réaliste est de X minutes, alors on travaille pour faire une seconde de moins et c'est tout. On rentre à la maison satisfait de la journée accomplie. That's it ! (avec un accent cockney !) Pas d'ambition supplémentaire, pas de volonté exagérée le jour de la course, pas de risque irrévérencieux à l'endroit des 42 195 mètres à franchir. Seulement une appréciation honnête de ses capacités et l'exécution du plan correspondant à celles-ci, sans plus et sans moins. Sauf que, là, je me demande vraiment où commence mon risque d'un fiasco et où termine ma sagesse d'une allure trop conservatrice. Je suis persuadé qu'envisager un chrono sous 2h45 est en ce moment impossible et que viser au-dessus de 3h10 est une cible trop facile. Entre ces deux limites d'objectifs possibles, j'oscille d'une interprétation de mes dernières séances à l'autre.

Aujourd'hui, au lendemain de deux jours consécutifs de relative intensité, je me suis rendu sur la piste de l'UQTR pour faire 2h00 en continu. L'ovale ressemble à celui de l'UQAM où aura lieu le marathon à la fin du mois. Il fait 166m au lieu de 154m. C'est similaire. La température aussi sera vraissemblablement la même (autour de 15-20 degrés). Puis, les virages doivent se ressembler dans leur "abruptitude". J'ai pu faire 26 km, accélérant progressivement, terminant les 8 derniers en un peu moins de 33 minutes. Cela me laisse supposer que je pourrais viser autour de 2h55 lors du premier défi de mon dodécathlon. Évidemment, cela dépendra de certains impondérables. Par exemple, quel sera le "traffic" durant la course ? J'ai pu expérimenter, à l'UQTR, ce à quoi pourrait ressembler courir 4:00/km à travers 20 personnes allant plus lentement. Disons que cela peut être "sportif"... Sinon, diverses douleurs physiques, allant de modérées à sérieuses, pourraient me limiter d'ici le jour de la course ou durant celle-ci. Or il s'agit là d'une réalité qui commence à faire partie de mon quotidien depuis déjà longtemps. D'autres, la plupart, se diraient probablement déjà blessés. A mon sens, ça passe encore. La bandelette illiot-tibiale peut bien crier et les métatarses du pied ont le droit de chiâler, l'année ne fait que commencer et ils leur restent bien du kilométrage à faire. Ils sont mieux de prendre leur mal en patience.

Sinon, courir sur la piste intérieure durant 26km m'aura clairement rassuré quant à l'aspect répétitif de l'exercice du marathon en salle. J'ai fait 150 tours et je suppose que j'aurais pu continuer encore un bon 50 autres avant de commencer à être, ne serait-ce qu'un peu, ennuyé par la monotonie. Puis, au rythme d'une pastille sucée par heure, l'air ne semble pas trop sec et prenant à la gorge. Je n'ai bu qu'une seule fois, alors en augmentant l'hydratation, je suppose que ce sera encore plus "agréable". Enfin, j'ai pu prendre conscience de petits détails tels que la nécessité d'amener des mouchoirs et une petite poubelle: ouaip...la classique utilisation des doigts est malseillante dans des infrastructures proprettes...

Il reste 17 jours avant la lancement du marathon intérieur et, par le fait même, du Dodécathlon 20.12. D'ici là, je tenterai en entraînement de peaufiner des détails (d'une part placer 3 entraînements d'intervalles de 1000m à 100% de la VAM, "gear" qui me semble gravement manquer présentement et, d'autre part, tester à nouveau, deux fois, ma forme spécifique lors de "progressions runs" de 18 km avec les athlètes du Kalenjins le dimanche matin). Aussi, les prochains jours seront l'occasion de poursuivre la mise en place du projet annuel de défis (planification de février et mars, recherches de partenaires en qui je crois, etc.)

J'annoncerai d'ailleurs les nouvelles sur ce blog en cours d'année, de même que je tenterai d'y laisser quelques commentaires, photos et vidéos d'après défis.

Eu prattein

Robin